Chers frères et sœurs,

Suite à la lecture de l’Evangile de la Passion de Notre Seigneur, je voudrai que nous fixions notre regard sur le personnage de Pierre Apôtre. Quel prétendu courage ! « Seigneur, même si tous venaient à te trahir, moi je donnerai ma vie pour toi ! » Il sera le premier à le renier et à jurer qu’il ne le connaît pas.

Croyez-vous que l’Evangile nous parle uniquement de ce Pierre d’il y a deux mille ans. Non, il nous raconte l’histoire tous les Pierre du monde : vous et moi.

Nous sommes si fiers aujourd’hui de brandir nos branches de Rameaux et accomplir une tradition. « Seigneur, nous sommes chrétiens. Nous croyons en toi. Nous sommes là, le dimanche de Rameaux ».

Pourtant, comme Pierre, nous ne tiendrons pas longtemps. Car il suffit que l’eau de la Méditerranée nous paraisse un peu plus rafraichissante que celle de notre baptême pour que nous ne soyons plus là le dimanche en disant que nous ne le connaissons pas ! Il suffit que la neige de Pyrénées nous paraisse un peu plus douce que la Parole de Dieu pour que nous affirmions de nouveau que nous ne le connaissons pas ! Il suffit que notre fatigue de la semaine nous paraisse un peu plus grande que les souffrances du Rédempteur sur la Croix pour que nous jurions devant le monde entier que nous ne le connaissons pas !

Frères et sœurs, en tout cela, j’ai une bonne nouvelle pour nous tous : c’est à ce trouillard et traître de Pierre que le Christ a confié son Eglise ! C’est à ces trouillards et traîtres que nous sommes qu’il la confie de nouveau aujourd’hui. Il savait que nous allions l’abandonner à un moment ou à un autre. Mais il sait aussi que, comme Pierre, nous aurons le courage de confesser notre lâcheté et dire avec les larmes : « Seigneur, tu sais tout, tu sais que je t’aime ».

Frères et sœurs, brandissez fièrement vos Rameaux. C’est l’avenir de l’Église que vous tenez entre vos mains. Si vous voulez qu’aucun autre son que celui des cloches de nos églises ne s’élève de la terre de la France chrétienne, – soyez fidèles à votre Seigneur. Depuis l’éternité, la balle est toujours dans notre camp. Ne laissez pas ces Rameaux sécher inutilement sur le bord des fenêtres de vos maisons. Faites-en le symbole vivant de votre Foi. Mieux : plantez-les dans vos cœurs pour qu’ils prennent racines et deviennent la Croix de Jésus Christ, la Victoire de la Résurrection.

Amen.

Abbé Bogdan Velyanyk – CuréÂ