Chers frères et sœurs,

Je ne sais pas vous, mais moi je peste contre les conducteurs qui ne mettent pas leur clignotant.

La première fois j’y ai été confronté lors de mon examen de permis de conduire. Je tourne à gauche. Le gars arrive d’en face. Pas de clignotant. La route était telle façon que l’on pouvait faire chacun notre manœuvre sans se gêner. Mais dès que je m’engage pour tourner, il tourne lui aussi dans la même direction et là enfin enclenche son clignotant. Et bien : j’ai accéléré, lui ai coupé la route, et l’ai engueulé au passage pour son clignotant. Mon permis ? Et bien l’examinateur a trouvé que je me suis comporté comme un vrai conducteur : du coup je l’ai eu ! Et du premier coup ! Merci Seigneur !

Le même problème avec le clignotant se présente quand quelqu’un vous propose de le suivre pour vous montrer la route. Suivre une voiture qui n’indique pas dans quelle direction elle va, est un cauchemar. Au lieu de remercier le gars, vous avez envie de l’étrangler à l’arrivée.

Du coup je ne sais pas vous, mais moi je peste contre les gens qui ne mettent pas leur clignotant. Surtout que dans le Sud de la France, c’est à croire que la plupart des conducteurs pensent ne pas avoir coché cette option lors de l’achat du véhicule ! Rouler serait tellement plus agréable si tout le monde respectait les autres usagers.

Pourquoi je vous en parle en la fête de la Toussaint ?

Et bien je crois que les Saints sont ces « conducteurs de la vie » qui ont pris la peine de mettre le clignotant de la grâce à chaque fois au bon endroit et au bon moment. Ils ont suivi fidèlement l’itinéraire de leur vocation en indiquant à toute l’Eglise les virages de foi, d’espérance et de charité. Leur vie entière est une attention aux autres et un appel à suivre le chemin du Royaume de Dieu.

Personnellement, j’aime suivre sainte Thérèse de l’Enfant Jésus dont le clignotant reste bloqué sur la petitesse et l’humilité. J’aime parcourir quelques kilomètres avec Saint Thomas d’Aquin qui indique constamment l’intelligence de choses sacrées. Ou encore J’aime essayer d’attraper Sainte Faustine Kowalska sur sa « Ferrari » de la Miséricorde Divine. Et cela sans même parler de Sainte Bernadette Soubirou, Sainte Germaine de Pibrac, Saint Jean Paul II et tant d’autres chers à notre cœur.

Du coup j’ai une proposition à vous faire. Outre le fait de mettre votre clignotant au quotidien et casser ainsi le mythe du Sud-Ouest indiscipliné, choisissez-vous particulièrement un Saint que vous allez suivre durant votre vie. Collez vous derrière son par choc et imitez tant que faire se peut sa conduite.

Prenez le temps pour choisir votre guide. Cela peut être votre saint Patron. Ou encore un Saint ou un Sainte dont les vertus humaines et spirituelles vous attirent. Priez le quotidiennement et demandez lui de vous montrer le chemin vers la joie éternelle. Et si vous n’en connaissez aucun, et bien c’est peut-être une bonne occasion de vous procurer un  livre sur la vie des saints et découvrir un monde de grâce et d’espérance pour chacun d’entre nous. Je me souviens que dans mon adolescence la lecture de « Vie de Saints » était une véritable bouffée d’oxygène pour ma foi en Dieu et son Amour.

Frères et sœurs, la Toussaint est une fête qui nous invite à la fraternité avec le monde de grâce. Quels que soient nos vies, nos dons ou nos défauts, le Seigneur nous appelle tous à le rejoindre dans le Paradis. Suivons les Saints. Ils connaissent la route et veulent bien nous la montrer !

Amen.

Abbé Bogdan Velyanyk – Curé